7èmes Rencontres régionales de la mer et du littoral.
Le 21 Novembre 2011 ce sont tenues à Marseille, en l’Hôtel de Région les 7èmes Rencontres régionales de la mer et du littoral.
Pas d’atelier spécifique « Patrimoine Maritime » pour cette session. Mais Daniel Imbert, coordonnateur du groupe de travail au sein du Conseil Consultatif Régional de la Mer et Jean-Louis Conil, président de la FPMM et membre du CCRM ont été sollicités pour participer à l’atelier 2, intitulé: « Comment améliorer les conditions de vie sur le littoral et lutter contre les risques d’exclusion et les disparités sociales et territoriales ». Plus particulièrement dans la 3ième séquence: « La sensibilisation à la mer, à ses métiers, à son patrimoine: un outil indispensable pour l’appropriation des politiques maritimes et le développement des activités maritimes. »
Daniel Imbert a présenté les travaux du groupe de travail dont les conclusions retenues par le Comité de pilotage du CCRM pour contribuer à l’élaboration de la Stratégie Régionale de la Mer sont:
- Inscrire la gestion du patrimoine maritime dans toute politique littorale de développement durable.
- Disposer d’outils partagés d’observation et d’aide à la décision, notamment par l’acquisition de données et la réalisation d’atlas ;
- Informer les décideurs locaux :
- sur la connaissance du patrimoine maritime : nautique, subaquatique et terrestre.
- de la nécessité de le conserver en tant que porteur de sens et de valeur ajoutée.
- Proposer des modes de gestion durable :
- pour le développement des territoires,
- pour favoriser la mise en place de consensus relatif au partage de l’espace maritime et littoral entre les différents utilisateurs en tenant compte des enjeux sociaux économiques et environnementaux.
- Créer un Centre Régional du Patrimoine Maritime.
- Proposer que le Centre Régional de la Méditerranée (CeReM) devienne un outil de la connaissance du patrimoine maritime de notre région.
- Organiser un grand rassemblement en Méditerranée d’équipages et de bateaux traditionnels.
Jean-Louis Conil, a tenté de répondre à la question: « Comment favoriser la valorisation du patrimoine maritime et la transmission des savoirs et des techniques traditionnelles ? » par les quelques remarques et propositions suivantes qui n’ont pu, faute de temps, être suffisamment débattues.
- On ne peut valoriser et transmettre que si l’on connaît.
Il faut donc avant tout et urgemment faire connaître.
Il y a un existant connu qui crève les yeux: les bateaux et les édifices identifiés comme étant LE patrimoine maritime. Arbres qui cachent une forêt.
Il y a aussi un existant méconnu: les biens non étiquetés « patrimoine maritime » (chapelles, bâtiments militaires, laboratoires scientifiques, collections mobilières, etc…) et l’immatériel qui est la racine pivot de la culture.
Et si l’on met sur une balance le connu d’un côté et le méconnu de l’autre, le méconnu l’emporte absolument.
Pour répondre à la question posée, il faut recenser et diffuser la connaissance.
- Il faut donc se rapprocher des personnes ressources, qui ont tendance à se raréfier par atteinte de la limite d’âge, et des associations qui sont aujourd’hui le principal organe de collecte, sauvegarde et réflexion.
Les consulter constamment et les associer aux travaux préparatoires de tous les projets d’aménagements sur le littoral. Intégrer le patrimoine et la culture maritime dans les réalisations leur donnera plus de sens et ce « plus de sens » aura un impact sur le développement économique local.
- Il faut mieux exploiter les quelques lieux ressources existants.
Quels sont-ils ?
Des lieux de conservation, principalement musées, à la fréquentation desquels il faut obliger les élèves et leurs encadrements.
Les zones portuaires, espaces de découverte et d’apprentissage par excellence desquels, à grand tort, on écarte volontairement les visiteurs par des interdictions sécuritaires absurdes et extrêmement coûteuses en aménagements. Comment voulez-vous que des jeunes soient tentés par des activités, professionnelles ou de loisir, s’ils ne peuvent les DECOUVRIR NATURELLEMENT ?
Il faut rouvrir au public les zones portuaires autant que faire se peut.
Il n’y a pas mieux qu’un bateau traditionnel pour apprendre les fondamentaux non seulement de la manœuvre, mais de la vie en homme de mer.
Quelques associations, comme les Pescadous de l’Estaque, offrent cette formation, mais il est éminemment souhaitable qu’elles ne restent pas seules. Des partenariats sont possibles entre associations « traditionnelles » et écoles de voile, qui permettraient très rapidement de constituer des équipages jeunes sur de nombreuses embarcations du patrimoine régional.
Il faut demander et permettre aux écoles de voile de la FFV d’intégrer cette démarche culturelle dans leurs programmes éducatifs
- Créer les lieux et espaces ressources manquants, « escales du savoir », dédiés à la découverte et à l’éducation.
- Favoriser les évènements et rencontres qui mettent en évidence le patrimoine et la culture maritime.
Plusieurs rassemblements ont lieu chaque année, du moins chaque saison de Mai à Septembre, dans différents ports de la région, à l’initiative des associations. Le calendrier a d’ailleurs de la peine à s’organiser. Mais, surtout, les gestionnaires de ports ne leur facilitent pas toujours les choses autant qu’ils le pourraient, ou autant qu’ils le feraient si la demande venait d’une institution.
- Organiser un grand évènement, associant rassemblement de bateaux méditerranéens et actions de communication culturelle, sur un rythme triennal par exemple, avec un très fort engagement vers la jeunesse, et non, seulement, vers les touristes, serait assurément positif.
Les élus du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur vont maintenant travailler à l’adoption d’un texte cadre pour la stratégie régionale de la mer dans lequel il faut espérer retrouver les recommandations présentées par le CCRM en matière de Patrimoine Maritime.
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